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La soirée a été un véritable succès, de par sa qualité des interventions, et des témoignages qui se sont succédé. L'émotion était à son comble, et la voix pleine de larmes de certains parents ou enfants désemparés a été écoutée avec beaucoup de professionnalisme par Hélène Romano, intervenante. La soirée aura permis à ces enfants et parents de trouver  une écoute attentive, des solutions et (certainement) un début de soulagement !

Certes, l'on aurait souhaité qu'il y ait plus de monde, et notamment plus de professeurs ! A croire que le sujet ne les intéressait pas, ou qu'ils considèrent que ce n'est pas un vrai sujet, ou que leur établissement n'est pas concerné ! Or, comme l'a expliqué Hélène Romano, psychothérapeute et psychologue clinicienne spécialiste de ce sujet, même s'il est difficile d'avoir des statistiques, on estime que 10 % des enfants sont harcelés ou harceleurs (parfois les deux).

C'est un véritable fléau, peut-être le miroir de notre société moderne où les interdits ont du mal à être intégrés par les enfants, mais aussi (et surtout) par les parents, qui défendent parfois leur enfant à tout prix, même celui d'aller systématiquement contre l'Institution, jetant sur celle-ci une suspicion. 

 Il est difficile de rapporter ici le contenu de l'excellente présentation faite par l'intervenante, qui travaille aussi pour le ministère de l'Education Nationale pour une campagne de sensibilisation sur le sujet, mais nous allons essayer d'en retracer les éléments essentiels.

Nous avons appris énormément de choses avec Hélène Romano, notamment que le harceleur est (la plupart du temps) aussi quelqu'un dans une grande souffrance, qui reporte sur ses camarades les agressions subies à la maison, à l'école ou ailleurs.

Nous avons appris aussi qu'il ne faut pas nier cette souffrance, qui'l faut écouter l'enfant, et que le harcèlement, contrairement à ce que pensent des parents ou des enseignants, n'est pas un "jeu", ni un moment obligé dans l'adolescence, qu'il ne faut pas attendre que "jeunesse se passe" ! Cela laisse des traces indélébiles par la suite, cela meurtrit l'adolescent, et il faut larrêter pendant qu'il est (encore) temps !

Le rôle des parents est de protéger leur enfant, de l'écouter, de prendre des mesures qui peuvent aller de la simple écoute et la reconnaissance de leur souffrance, à la demande de médiation de la part de l'établissement, jusqu'à (parfois) la plainte au pénal.... bien que cette dernière ne soit pas la mesure la plus efficace !

Nous avons appris aussi qu'un enfant harcelé a de fortes "chances" de devenir un adulte harcelé dans son travail, plus tard, parce qu'il aura été fragilisé, et qu'il aura perdu confiance en lui, et qu'il restera une proie facile.

Il ne faut pas croire que cela ne se passe que dans les milieux défavorisés, au contraire ! Tous les milieux sont touchés, parce que cela fait partie de la société d'aujourd'hui, et parce que certains parents n'ont pas le temps de s'occuper de leurs enfants; ils croient les élever à coups de cadeaux et de consommation frénétique d'objets de substitution (DS, ordinateurs, téléphones mobiles, etc..). Mais rien ne remplace l'amour et l'affection des parents, et....  le harcèlement subi ou actif par un élève peut n'être que la partie cachée de l'Iceberg.

En tous cas nous tenons à remercier la trentaine de personnes qui se sont déplacées pour venir à ce débat (on aurait bien continué jusqu'à minuit s'il n'avait pas fallu rendre la salle!) mais nous remercions avant tout les enfants, qui ont eu le courage de venir, et pour certains d'entre eux, de raconter leur histoire.

Merci également aux personnes qui m'ont aidée à organiser cette soirée, merci plus particulièrement à Antoine Pelissolo, psychiatre, à Cathy, Franck et Bila.

Cette soirée mérite d'être prolongée : déjà, nous savons qu'un documentaire sera diffusé sur France 5 à la rentrée sur le sujet, et que des extraits de cette mémorable soirée seront diffusés.

Mais également, nous pouvons promettre que nous recommencerons l'expérience l'année prochaine, avec certainement plus d'implication de la part du Rectorat cette fois !

 Sylvie MENNESSON

présidente FCPE Collège Condorcet