Gagner une loi pour une véritable école gratuite,

Pour l’égalité et la réussite de tous !

 QUELQUES AVANCÉES DANS LE PROJET DE LOI…

L’arrêt de la réduction des effectifs et l’annonce de la création de 54 000 postes sur 5 ans pour l’éducation nationale sont des avancées.

Même s’ils sont loin de permettre d’aboutir à la nouvelle reconstruction et au développement nécessaire  du système éducatif public dont notre pays a besoin suite à la disparition  de plus de 167 000 postes dans l’éducation nationale depuis l’année 2000, cette mesure constitue une rupture par rapport au gouvernement précédent à apprécier à sa juste valeur.

La formation professionnelle des futurs enseignants. Cela répond à un besoin fort d’amélioration du service public d’éducation.

Ces bons points ne sauraient masquer les lourdes insuffisances de ce projet de loi. En effet, même si certains objectifs inscrits dans l’annexe duprojet de loi indiquent une volonté de réduction des inégalités, celui-ci ne comporte que très peu de mesures et de moyens concrets, ou largement insuffisants pour y parvenir. Pour être à la hauteur des attentes, la loi ne peut pas s’en tenir à l’objectif de « l’égalité des chances ».

L’éducation n’est pas une loterie.  Cette  notion «d’égalité des chances »  n’a rien à voir avec les valeurs de la République.  Elle vise à justifier les inégalités existantes et à mettre en œuvre  des dispositifs ségrégatifs de tri social, et au mieux de promotion de quelques uns par la méritocratie.

 Le projet de loi ne traite pas de l’éducation prioritaire pourtant fondamentale pour  refonder l’École

Il n’est nulle part  avancé le renforcement et le développement des RASED alors qu’il s’agit là d’un          dispositif permettant de lutter efficacement contre l’échec scolaire dès le plus jeune âge. L’école, sur le temps scolaire, doit être le lieu de recours pour les élèves en difficulté.

 Il confirme l’école du Socle commun  pour tous, mais de fait minimum pour beaucoup, et la mesure des acquisitions scolaires par les logiques d’évaluation. Le Livret Personnel de Compétences (LPC) est maintenu dans sa logique perverse. Socle et LPC permettent en réalité de préparer et de mesurer, dans le cadre des directives  européennes, l’employabilité des élèves.

L’objectif d’un haut niveau d’une culture commune est a contrario celle qui peut donner à tous les clefs pour décrypter le monde, l’analyser, le critiquer, accéder à une citoyenneté pleine et entière.

 Il ne traite pratiquement pas du secondaire (collège, lycée), renvoyant à des décrets les réformes nécessaires.

 La place des parents est le parent pauvre de ce projet de loi.

Le rôle et la nécessité de nouveaux droits pour les parents d’élèves  (statut du parent délégué) ne sont absolument pas abordés. Comme les enseignants, ils n’ont pas voix au chapitre dans les projets de nouvelles instances de régulation de l’Éducation  nationale que sont les Conseils supérieur des programmes et d’évaluation de l’éducation nationale.

Enfin, une véritable, refondation de l’école doit pour le moins poser le principe d’un financement public destiné à l’école publique.

Oui, il faut une réforme des rythmes scolaires avec en particulier 4,5 jours d’école sur la semaine, avec de préférence le samedi matin, la récupération des 72 h annuelles perdues (26 heures/semaine) par la réforme Darcos, avec une modification du rythme annuel.

 Le  décret sur les rythmes scolaires maintient le temps scolaire obligatoire à 24h hebdomadaires. La présence jusqu’à 16h30 n’est pas obligatoire.

Ce  temps,  plus ou moins scolaire après les cours obligatoires,  aux  contours et statut flous,          n’entrant pas dans l’obligation scolaire, malgré l’affirmation ministérielle «qu’aucun enfant ne doit se retrouver en dehors de l’école avant 16h30» n’est accompagné d’aucune garantie  de gratuité.

Rien n’interdit aux communes, auxquelles l’Etat transfère d’autorité cette charge, de demander une participation financière aux parents.

 Alors que, jusqu’à présent, les différents textes législatifs depuis  la révolution française ont constitué des avancées sur la gratuité et que celle-ci n’a pu, jusqu’à aujourd’hui, être remise en cause, il ne faudrait pas qu’un décret de modification des rythmes commence à nous ramener en catimini à  l’ancien régime en terme  de non-gratuité d’instruction publique !

 En s’attaquant de fait au caractère indissociable de l’obligation et de la gratuité de l’école            républicaine, ce décret engage l’école publique sur une voie sans issue.

 L’école républicaine ne peut être troquée contre l’école à la carte !

 Il  est urgent de s’attaquer aux causes de l’échec scolaire, d’abord en créant les conditions d’une véritable gratuité de l’éducation, en prenant  en compte les obstacles connus qui, dans l’école et hors l’école,          empêchent l’appropriation réussie des savoirs.

 La FCPE 94 ne renonce pas, aujourd’hui comme hier, à ses légitimes d’une école de la République de la réussite pour tous,  laïque et gratuite ! Elle  maintient en particulier son exigence d’un plan d’urgence pour le Val- de-Marne, avec la création de 2 100 postes (enseignants, maîtres E et G, Assistants de Vie Scolaire, médecins, et autres personnels). Elle demande l’abrogation du décret sur les rythmes en l’état et  l’ouverture d’une réelle concertation pour sa réécriture.

 Elle appelle à la vigilance et à la mobilisation des parents d’élèves, de l’ensemble de la communauté éducative, des citoyens, des parlementaires attachés à une école du progrès  afin que la loi de          refondation s’inscrive dans la préservation des acquis inaliénables de l’école républicaine et dans un objectif de reconquête de l’école publique, obligatoire laïque et gratuite, pour tous,  dont notre pays et nos jeunes ont besoin.

 Contacts : Ali AIT SALAH = 06.12.49.03.04             CDPE 94 = 01.46.77.01.01